Partager l'article ! Le Cirque des Mirages...: Ceux qui aiment la bonne chanson aimeront. Les adorateurs de ...
Ceux qui aiment la bonne chanson aimeront. Les adorateurs
de Jacques Brel adoreront. Ceux qui prennent plaisir à rêver se laisseront embarquer. Les bons vivants riront, les anticléricaux jubileront, et le spectateur torturé par mille interrogations
ressortira avec des images plein les yeux. Ceux qui admirent Tim Burton, Fritz Lang ou Dostoïevski
seront conquis. C’est mon autre coup de cœur du Festival d’Avignon : le Cirque des Mirages. Sur scène, deux hommes : un pianiste énigmatique à l’air
sympathique, Fred Parker. Un chanteur, à la silhouette immense et inquiétante, Yanowski. Le second a écrit les paroles, le premier la musique. Ils se sont rencontrés au milieu d’une rixe dans une
boîte de nuit aux Etats-Unis, et grâce à cette rencontre, nous offrent un tour de chant inestimable. Ils définissent ce spectacle comme cabaret expressionniste, ressuscitant en fait les grandes
heures de la chanson et du cabaret qui raconte et illustre une histoire. On pense, encore une fois, très fort à Jacques Brel…
Chaque chanson est un petit film ou une promenade dans des endroits improbables. Ils convoquent sur scène des prostituées, des maffieux chanteurs de jazz, Docteur Jekyll et Mister Hyde et bien d’autres encore. Yanowski ne fait pas qu’écrire et chanter. Sur scène, il est comme en transe. Il fait vivre de manière inouïe ses fabuleuses chansons. Avec une lumière, un accessoire et une musique, il nous fait voyager dans un univers parallèle inquiétant, si bien qu’on se dit qu’il est un comédien impressionnant. Avec un chapeau et une lumière rouge, il est le diable, entraîné par une musique « endiablée » des cartes. On oublie tout. Suspendu à ses lèvres, on ne réfléchit pas, on n’analyse pas. On se dit « wahouuuuu ! » et on voyage, c’est tout. Dans les recoins les plus sombres des hommes. Par exemple dans la chambre d’un poète qu’un huissier de justice expulse. Le poète entre en transe, devient fou, commet un crime, se fait poursuivre par la police… Ce sont les mots "image", "imaginaire", "rêve" et "univers" qui reviennent le plus pour parler du Cirque des Mirages. Pour autant que chaque chanson est un film différent, chacune pourtant apporte sa pierre à un univers qui reste finalement le même. Peut-être à cause de la voix très caractéristique de Yanowski, on conçoit facilement qu’il s’agisse toujours du même univers et du même imaginaire, dont les artistes s’appliquent à nous faire découvrir toutes les facettes, de la plus noire à la plus poétique. En passant par la gigantesquement déconcertante "J'ai vu Dieu..." Quand vous irez au concert et que vous entendrez cette phrase, vous penserez à cette phrase...!
Ce qu’on attend souvent de la chanson se réalise
enfin : que la musique et la voix ne soient plus une performance en soi, mais qu’elles soient un outil, une voie, pour construire un univers différent, avec diable, monstre et amour. Car de
la poésie, il y en a aussi
beaucoup. Car la
plume de Yanowski ne se contente pas de nous dire « le diable existe ». Pas d’hérésie simpliste ni de chanson qui serait iconoclaste pour le principe. Non, la « patte
humaine » est omniprésente dans ce spectacle : c’est bien un univers humain, à portée de main. L’amour à mort est peut-être l’une des plus belles chansons d’amour jamais écrite
(à mon subjectif avis). Le rêve revient, voyage et est en permanence au centre de tout. Combien de chansons illustrent explicitement les rêves incroyables de l’esprit humain…? C’est bien un
imaginaire purement et simplement humain qui est illustré ici, non une construction gargantuesque à la Star Wars – laquelle, cependant, a bien d’autres qualités également ! Un point d’orgue
du spectacle serait la dernière, celle de l’aveugle. Yanowski, avec les mots les plus simples qui soient, en une minute trente, nous dit que l’art est le fruit d’un imaginaire humain. On fait de
l’art parce qu’on croit à notre imaginaire et à nos rêves. « Parce que c’est bon d’y croire ».
Le Cirque des Mirages, parce qu’il condense qualité et originalité, doit être découvert à tout prix. Il est en passe de devenir mon chanteur préféré, tellement les images perçues pendant et après le spectacle sont belles et ouvrent de nombreuses voies imaginaires. C’est beau, tout simplement. A ne pas rater, le passage aux Trois Baudets à Paris, du 10 au 30 novembre 2009. A acheter éventuellement, les deux CD déjà parus, l'un en studio, l'autre en live.
Quelques chansons à découvrir. La quatrième, la véritable histoire du christianisme, est pour un public averti. Quoiqu’on en pense, quelle qualité artistique, quel texte ! (« du Brassens chanté par Jacques Brel dit-on ça-et-là sur des blogs !) Je ne la perçois pas comme un simple pamphlet… En tout cas, les autres sont d’une beauté…
Initialement, j’ai ouvert ce blog sans avoir d’objectif très clair. Je voulais avoir un endroit pour publier des articles sur ce que je voyais et ce que je pensais. Mes centres d’intérêt sont principalement, d’une part les sujets ayant rapport à la vie politique, l’histoire et la philosophie, d’autre part le théâtre. Depuis plusieurs mois, je consacre essentiellement ce blog à des commentaires de pièces de théâtre. Vous trouverez donc un certain nombre de ces commentaires à la rubrique « théâtre », mais aussi d’autres rubriques sur d’autres sujets. Pour l’année à venir, j’espère réussir à diversifier mes articles, ou en tout cas prendre le temps d’approfondir ce que j’écris.
N’hésitez pas à me laisser des commentaires : ils me pousseront justement à écrire !
Benjamin
Vu :
- 19 septembre : L'Avare à la
Comédie-Française
- 20 septembre : Partage de midi au
Théâtre Marigny
- 25 septembre : Les enfants de Saturne à l’Odéon
- 26 septembre : La Serva Amorosa au
Théâtre Hébertot
- 2 octobre : La douleur au Théâtre de l'Atelier
- 3 octobre : Après la répétition au CDN d'Aubervilliers
- 4 octobre : Figaro divorce à la
Comédie-Française
- 7 octobre : Philoctète au Théâtre de l’Odéon
- 10 octobre : Simplement compliqué aux Bouffes du Nord
- 16 octobre : Le songe de l'oncle à l'Epée de bois
- 17 octobre : Marie Stuart au TGP de Saint-Denis
- 22 octobre : Parole et guérison au Th. Montparnasse
- 28 octobre : Vers toi, Terre promise au Théâtre Marigny
- 29 octobre : Les Diablogues au Théâtre Marigny
- 7 novembre : Frères et soeurs à la MC93
- 10 novembre : Les étoiles dans le ciel de l'aube à la MC93
- 11 novembre : (A)pollonia au Théâtre de Chaillot
- 15 novembre : Les démons à la MC93
- 17 novembre : Philoctète au Théâtre des Abbesses
- 21 novembre : La pièce sans nom à la MC93
- 24 novembre : Maison de
poupée au Théâtre de la Colline
- 26 novembre : Tchevengour à la MC93
- 1er décembre : Vie et destin à la MC93
- 3 décembre : Les enfants du soleil au Théâtre 13
- 4 décembre : La ménagerie de verre (Th. d'Aubervilliers)
- 5 décembre : Rêves au Théâtre Mouffetard
Oncle Vania à la MC93
- 6 décembre : Juste la fin du monde à la C-F
- 10 décembre : Georges Dandin (Atelier Théâtre F. Jacquot)
- 11 décembre : Le dragon bleu au Théâtre de Chaillot
- 12 décembre : Médée au Théâtre des Amandiers
- 19 décembre : Rosmersholm au Théâtre de la Colline
- 20 décembre (?) : Les joyeuses commères... à la C-F
- 22 décembre : Qui est Monsieur Schmitt ? (Madeleine)
A voir :
- 23 décembre (?) : J. Weber seul en scène au Th. Marigny
- 30 décembre : La petite Catherine de Heilbronn à l'Odéon
2010 :
- 8 janvier : La guerre des fils de lumière... à l'Odéon
- 14 janvier : L'école d'opéra de Pékin à la MC93
- 21 janvier : Casimir et Caroline au Théâtre de la Ville
- 22 janvier : Deux voix au théâtre des Amandiers
- 23 janvier : Manhattan Medea au Théâtre de la Colline
- 29 janvier : La flûte enchantée à la MC93
- 5 février : Blackface à la MC93
- 6 février : Woyzeck à la MC93
- 11 février : Maison de poupées à la MC93
- 12 février : Hedda Gabler à la MC93
- 19 février : La toison d'or à la MC93
- 26 février : Maison de poupée au Th. de la Madeleine
- 12 mars : Cymbeline à la MC93
- 13 mars : Ode maritime au Théâtre de la Ville
- 16 mars : Zemire et Azor à l'Opéra Comique
- 19 mars : Les Justes au Théâtre de la Colline
- 23 mars : Un tramway nommé Désir au théâtre de l'Odéon
- 2 avril : Maison de poupée au théâtre des Amandiers
- 9 avril : La trilogie de la villégiature à la MC93
- 10 avril : Epousailles et représailles (th. des Amandiers)
- 16 avril : Invasion ! au théâtre des Amandiers
- 5 juin : Israel Galvan au Théâtre de la Ville
- 8 juin : Combat de nègre et de chiens au Th. de la Colline
- 9 juin : Flowers in the mirror au théâtre des Amandiers
- 11 juin : Jean-Louis Trintignant au théâtre des Amandiers
- 14 juin : Les âmes mortes à la MC93