Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /Nov /2008 10:52

de Graham Greene, 315 pages.

 

Un véritable coup de cœur pour ce livre que j’ai lu il y a déjà longtemps, mais dont j’ai eu envie de parler. L’histoire se déroule dans les années 1930 au Mexique. A ce moment, le Mexique est gouverné par un gouvernement militaire à tendance révolutionnaire (selon l’année, les dirigeants varient…) qui, suite à un conflit avec l’Eglise, prend des mesures et proclame des lois extrêmement anticléricales : le service des prêtres est interdit, et ceux-ci doivent, en symbole de renoncement, se marier, sous peine d’être fusillés. La plupart des prêtres, sous le poids de ces lois, fuient ou se résignent. Ceux qui jusque là étaient considérés comme étant les plus vertueux se réfugient près du haut clergé, intouchable.

On suit, dès le premier chapitre, l’itinéraire d’un curé de campagne à peu près quelconque. Un pauvre diable, ivrogne, qui, alors qu’il avait trop bu, avait eu un enfant avec une de ses paroissiennes. Il n’est pas aimé, ce prêtre, dans une société en manque de repères, où la masse de croyants méprise ceux qui font honte à leur habit en plus de ne pas faire honneur à leur foi. Mais il est là. Là où il passe, les habitants le regardent d’un mauvais œil, car sa réputation le précède. Mais il reste quand on a besoin de lui. Sa tête est mise à prix et, lorsqu’il s’arrête dans un village, seule la foi ardente des villageois empêche ces derniers de ne pas le dénoncer. Mais il n’arrive pas à partir, il n’y arrive tout simplement pas, car quelque chose de bien plus fort que lui le retient. Il les dérange, les dégoûte, mais soulage leur foi en les recevant en confession et en prononçant la messe pour eux. Ils ne veulent pas de lui, mais ont besoin de lui. Il ne veut pas rester, il ne veut porter secours à personne car, consciemment, leur sort et leur foi le laisse indifférent. Mais quelque chose lui dit de rester, quelque chose de plus fort que l’être faible qu’il est. Et, faible, il n’y résiste pas.

« Et même lorsqu’il croit que son secours sera vain, et même lorsqu’il n’ignore pas que c’est d’un guet-apens qu’il s’agit et que celui qui l’appelle l’a déjà trahi, ce prêtre ivrogne, impur, et tremblant devant la mort, donne sa vie sans perdre à aucun moment le sentiment de sa bassesse et de sa honte. » (François Mauriac)

Un livre révélateur à bien des égards, que j’ai reçu en cadeau il y a longtemps (si je devais dédicacer cet article, ce serait à toi, Pat’, qui me l’as offert !). Un livre fort, un hymne à la foi, qui montre que la vertu a plusieurs visages, et que les plus vertueux ne sont pas nécessairement pas ceux que l’ont croit. Un livre ouvert, beau tout simplement. Un livre humain, d’abord : sur des êtres qui croient, qui ont un idéal. Qu’il s’agisse du capitaine communiste qui applique les lois anticléricales, ou bien du prêtre, on découvre des hommes qui croient en une idée, qui ont une foi. Qui veulent le bien des hommes, même si le moyen de l’obtenir les dépasse largement : ils en sont inconscients. Des hommes dans leur simplicité humaine donc, avec laquelle contraste l’absence et la cécité des institutions qu’ils défendent de fait. Le gouvernement tue sans compter, sans comprendre, sans même s’intéresser au fait qu’elles demandent l’impossible à leurs agents. L’Eglise, elle, semble avoir abandonné ses dizaines de milliers de fidèles, et apparaît plus présente dans la condamnation du prêtre indigne que dans la défense de son combat.

« Car c’est à Toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire » : c’est de la prière Notre Père qu’est tiré le titre du livre. Lorsqu’on referme le roman, on se dit que la petitesse n’est pas ce qu’on croyait avant. Car, ce qu’on retient avant tout, c’est que la vertu, la puissance et la gloire ne sont pas nécessairement dans ces comportements qui n’engagent que soi, pas plus que dans ce qu’on s’impose à soi-même pour soi-même. Non. La puissance et la gloire de ce prêtre résident bien plus dans la conscience d’une bassesse prétendue mais assumée, et dans cette faiblesse finalement qui le fait succomber aux appels à l’aide, aux paroles des autres, et donc à tout ce qui est plus fort que sa foi misérable.

La Puissance et la Gloire, ce n’est pas un livre pour croyants uniquement, loin de là… N’importe qui peut l’adorer, encore une fois, parce que c’est tout simplement un beau livre. Un livre qui nous fait comprendre bien des choses sur l’existence humaine, et sur la foi au sens le plus large du terme, non seulement sur la foi chrétienne, ni même seulement la foi religieuse. Bref, un livre pour quiconque s’intéresse à ce qu’est l’homme (en toute simplicité !)

Par Benjamin Romieux - Publié dans : Théâtre
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Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /Nov /2008 00:33

Bon, pour commencer, quelques petites explications sur le nom idiot que j’ai donné à mon blog… Un petit article sur un homme historique qui m’a impressionné… Et certains savent que quand ça m’arrive, c’est pour de bon ! Et parfois, on reprend le nom pour le mettre dans le nom d’un blog ! Connaissez-vous Ferdinand Buisson ? Moi non, jusqu’à il y a quelques semaines (ou peut-être ce nom avait-il traversé ma tête dans un moment de révision, et en était-il ressorti…). Si je me suis renseigné sur lui, c’est que je suis tombé au hasard sur un texte de lui qui m’a interpellé (j’aime bien les citations, mais comme j’en connais peu, j’essaie de retenir celles que je croise !) En cherchant "Ferdinand Buisson" dans le dico, on découvre une vie bien remplie, comme il y en a beaucoup dans l’histoire, c’est vrai. Mais c’est une vie de vrai visionnaire, comme on les aime, un homme qui a été sur des fronts encore insoupçonnés à son époque.

Buisson (1841-1932) est, avec Ferry et d’autres, un des artisans de la jeune république et de la politique éducative du régime. Professeur agrégé de philosophie, protestant puis catholique, républicain et anticlérical par ailleurs, il prêche dès les années 1860 (donc avant la naissance de la république en France) une « foi laïque » républicaine pour y asseoir une nouvelle république, à venir. Le philosophe théorise alors le fait que, pour être viable, la république a besoin qu’on y croit, qu’on croit au vivre-ensemble dans une société nouvelle et républicaine. Si le clergé dispense une foi religieuse, c’est donc à l’Etat de dispenser une « foi laïque » : ce sera par le biais de l’école. Après le travail philosophique sur la république, vient le programme pour l’école. Celui-ci prend la forme du Dictionnaire de pédagogie, (apparemment LA référence en la matière, que je vais m’empresser de rechercher à la bibliothèque…)

Puis, à la fin du XIXème siècle, il prend parti pour le capitaine Dreyfus. En plein milieu de l’Affaire, il participe à la création de la Ligue des Droits de l’Homme qu’il présidera de 1913 à 1926. Partisan, dans les années 1920, du rapprochement franco-allemand, il reçoit, conjointement avec Ludwig Quitte, le Prix Nobel en 1927.

Finissons par parler de deux autres combats (franco-français cette fois) qu’il a menés, et que je trouve peut-être particulièrement impressionnants. Le premier, le plus connu, c’est la Séparation de l’Eglise et de l’Etat : il en est, avec Emile Combes, l’un des plus farouches artisans. En témoigne, notamment (et tout simplement !), le fait qu’il préside la Commission de la Séparation des Eglises et de l’Etat ! Enfin sachez que Buisson est l’un des premiers en France à s’être prononcé pour le droit de vote des femmes. En 1906, il est rapporteur d’une loi allant dans ce sens. Il rédige un rapport détaillé sur le sujet. Et, pour finir, il fonde rien de moins que "l’Alliance des électeurs pour le suffrage des femmes". Tout cela quand on sait qu’en 1903, le parlement avait rejeté à l’unanimité le projet de parité en politique, et que, finalement, cette parité ne sera accordée qu’en 1944 !

Voilà. Je vous ai dit que ce personnage m’avait impressionné, voilà pourquoi j’ai délayé, tout en essayant de faire court (là-dessus, je me suis foiré !!) En conclusion, l’extrait dont j’ai parlé :

« Commencez par croire et par aimer, vous ferez une République qui croira et qui aimera. Sous l’enveloppe respectable, mais froide de la République officielle, créez la République des cœurs et des esprits, la République vivante. Celle-là suppose comme fondement concret de l’Etat non pas des formules abstraites, mais des individus forts de la seule force qui fasse ici-bas fléchir toutes les autres, la force morale. C’est là ce que j’appelais l’avènement d’un quatrième pouvoir, le pouvoir de la conscience.

Il existe déjà, je le sais, une puissance qu’on nomme opinion publique : je demande qu’elle se transforme et devienne conviction publique. L’opinion passe, la conviction reste. L’opinion fait les hommes de parti, la conviction les hommes de devoir.

Un pays qui n’a que des opinions en change au gré de ses caprices ou de ses intérêts, un pays qui aura des convictions ne se les laissera arracher ni par la peur des sacrifices à faire, ni par le spectacle du long triomphe de l’injustice. »

Le devoir présent de la jeunesse, 1898

Par Benjamin Romieux - Publié dans : Histoire
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Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /Nov /2008 00:23

Bon bah bonjour à tous !

Voilà, j’ouvre un petit blog à ambition modeste, et d’autant plus modeste que, pour le moment, je n’ai toujours pas une idée précise du contenu qu’il pourra avoir. J’ai seulement pensé me créer un endroit où je pourrai faire part de toutes sortes de choses. Quoi exactement ? Des nouvelles sur ce que je fais, ce que pense des sujets qui m’intéressent. Un peu de tout : cinéma, théâtre, peut-être un peu de philosophie (soyons fous !), de l’histoire, de la politique (ceux qui me connaissent un peu s’en seraient doutés, et c’est effectivement la première chose à laquelle j’ai pensé avant de créer ce blog ! Mais promis, je n’en abuserai pas !), des nouvelles sur ce que je fais, mes impressions sur ce que je vois ou lis, mes coups de coeur, mes coups de gueule aussi ! Enfin bref c'est mon nouveau nouveau joujou quoi !

Bref, sans avoir certitude pour le moment, je crois que ce petit blog pourra avoir un peu de contenu, si tant est que je prenne le temps d’y écrire régulièrement… et ce n’est pas gagné ! Pour ceux qui seraient intéressés de le visiter de temps en temps, chacun peut bien entendu déposer des commentaires, peut-être cela m’incitera-t-il à écrire régulièrement.

En attendant bonne visite !

Par Benjamin Romieux
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Mon blog (année 2009-2010)

     Initialement, j’ai ouvert ce blog sans avoir d’objectif très clair. Je voulais avoir un endroit pour publier des articles sur ce que je voyais et ce que je pensais. Mes centres d’intérêt sont principalement, d’une part les sujets ayant rapport à la vie politique, l’histoire et la philosophie, d’autre part le théâtre. Depuis plusieurs mois, je consacre essentiellement ce blog à des commentaires de pièces de théâtre. Vous trouverez donc un certain nombre de ces commentaires à la rubrique « théâtre », mais aussi d’autres rubriques sur d’autres sujets. Pour l’année à venir, j’espère réussir à diversifier mes articles, ou en tout cas prendre le temps d’approfondir ce que j’écris.

     N’hésitez pas à me laisser des commentaires : ils me pousseront justement à écrire !

 

Benjamin

Présentation

  • : Blog d'un étudiant amateur de théâtre, diplômé BAFA (hé hé !), passionné de politique et qui écrit un peu tout ce qui lui passe par la tête (essaie d'être sérieux, malgré quelques écarts !)
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Agenda Théâtre

Vu :
- 19 septembre : L'Avare à la Comédie-Française

- 20 septembre : Partage de midi au Théâtre Marigny
- 25 septembre : Les enfants de Saturne à l’Odéon
- 26 septembre : La Serva Amorosa au Théâtre Hébertot
- 2 octobre : La douleur au Théâtre de l'Atelier
- 3 octobre : Après la répétition au CDN d'Aubervilliers
- 4 octobre : Figaro divorce à la Comédie-Française
- 7 octobre : Philoctète au Théâtre de l’Odéon
- 10 octobre : Simplement compliqué aux Bouffes du Nord
- 16 octobre : Le songe de l'oncle à l'Epée de bois
- 17 octobre : Marie Stuart au TGP de Saint-Denis 
- 22 octobre : Parole et guérison au Th. Montparnasse
- 28 octobre : Vers toi, Terre promise au Théâtre Marigny
- 29 octobre : Les Diablogues au Théâtre Marigny
- 7 novembre : Frères et soeurs à la MC93
- 10 novembre : Les étoiles dans le ciel de l'aube à la MC93
- 11 novembre : (A)pollonia au Théâtre de Chaillot
- 15 novembre : Les démons à la MC93
- 17 novembre : Philoctète au Théâtre des Abbesses
- 21 novembre : La pièce sans nom à la MC93
- 24 novembre : Maison de poupée au Théâtre de la Colline
- 26 novembre : Tchevengour à la MC93
- 1er décembre : Vie et destin à la MC93
- 3 décembre : Les enfants du soleil au Théâtre 13
- 4 décembre : La ménagerie de verre (Th. d'Aubervilliers)
- 5 décembre : Rêves au Théâtre Mouffetard
                        Oncle Vania à la MC93
- 6 décembre : Juste la fin du monde à la C-F
- 10 décembre : Georges Dandin (Atelier Théâtre F. Jacquot)
- 11 décembre : Le dragon bleu au Théâtre de Chaillot
- 12 décembre : Médée au Théâtre des Amandiers
- 19 décembre : Rosmersholm au Théâtre de la Colline
- 20 décembre (?) : Les joyeuses commères... à la C-F
- 22 décembre : Qui est Monsieur Schmitt ? (Madeleine)

A voir :
- 23 décembre (?) : J. Weber seul en scène au Th. Marigny
- 30 décembre : La petite Catherine de Heilbronn à l'Odéon

2010 :
- 8 janvier : La guerre des fils de lumière... à l'Odéon
- 14 janvier : L'école d'opéra de Pékin à la MC93
- 21 janvier : Casimir et Caroline au Théâtre de la Ville
- 22 janvier : Deux voix au théâtre des Amandiers
- 23 janvier : Manhattan Medea au Théâtre de la Colline
- 29 janvier : La flûte enchantée à la MC93
- 5 février : Blackface à la MC93
- 6 février : Woyzeck à la MC93
- 11 février : Maison de poupées à la MC93
- 12 février : Hedda Gabler à la MC93
- 19 février : La toison d'or à la MC93
- 26 février : Maison de poupée au Th. de la Madeleine
- 12 mars : Cymbeline à la MC93
- 13 mars : Ode maritime au Théâtre de la Ville
- 16 mars : Zemire et Azor à l'Opéra Comique
- 19 mars : Les Justes au Théâtre de la Colline
- 23 mars : Un tramway nommé Désir au théâtre de l'Odéon
- 2 avril : Maison de poupée au théâtre des Amandiers
- 9 avril : La trilogie de la villégiature à la MC93
- 10 avril : Epousailles et représailles (th. des Amandiers)
- 16 avril : Invasion ! au théâtre des Amandiers
- 5 juin : Israel Galvan au Théâtre de la Ville
- 8 juin : Combat de nègre et de chiens au Th. de la Colline
- 9 juin : Flowers in the mirror au théâtre des Amandiers
- 11 juin : Jean-Louis Trintignant au théâtre des Amandiers
- 14 juin : Les âmes mortes à la MC93
 

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